Note d'intention de l'auteur
"Fleurs de Sang" se veut un film à la fois chatoyant comme certaines soies
orientales et amer comme le parfum laissé sur vos doigts par les coquelicots,
ces "Fleurs de Sang" qui préfèrent mourir que de se laisser cueillir, j’ai
parlé de nos deux héroïnes, LILY et PAM. Deux fleurs du même sang. De ces
fleurs qui poussent au soleil de la rébellion.
BELLES - RE-BELLES, PAS TOUT À FAIT CRIMINELLES...
Très tôt, il m’est apparu que le fait divers conté par «Fleurs de Sang» ne
devait pas uniquement être saisi par le regard froid d’une caméra objective.
Que je n’avais pas le droit de tuer en moi ce qu’il restait de révolte et
d’énergie juvénile. Qu’il me fallait au contraire violemment revendiquer
la méchanceté, la cruauté et la parenté qui me reliaient viscéralement à
cette histoire. Voilà. Cela a donné des images crues, volontairement
dépouillées contrastant avec une vision quelques fois plus lyrique ou baroque.
C’était la seule solution pour rendre compte avec authenticité des personnages
un peu démesurés mais aussi étrangement faibles et humains de cette histoire.
Mais nous ne pouvons pas parler de filmage sans aborder la particularité de ce
film qui fût tourné en co-réalisation. Comment concilier que deux personnalités
distinctes, ayant un rapport au «réel» absolument différent (puisque c’est avant
tout de cela qu’il s’agit lorsqu’on réalise) se fondent en une vision commune,
capable d’assurer l’unité du film ?
Comment faire pour que le tournage ne tourne pas à la lutte de DAVID et GOLIATH ?
TANNER=72 kg / 21 films /// MEZIERES=52 kg /1 er film.
Ce défi a pu être relevé grâce à un désir et une énergie mutuels qui ont permis
de balayer pas mal d’ego et de souffrances.
«Fleurs de Sang» est une rencontre entre deux artistes, certes différents mais
curieusement complémentaires, et également quelques producteurs (A TANNER, PAOLO
BRANCO et MARTA ESTEBAN) ayant conservé assez de «fraîcheur» pour comprendre
qu’ils avaient là l’occasion de fabriquer un petit objet compact qui risquait de
briller d’un éclat étrange et obstiné.
Myriam Mézières
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